Césars 2015 : Timbuktu rafle sept récompenses

Abderrahmane Sissako a rayonné vendredi dernier lors de la cérémonie des Césars, cérémonie au cours de laquelle son film Timbuktu a été primé à sept reprises. Alors que le réalisateur franco-mauritanien était revenu bredouille du festival de Cannes, l’Académie des Césars lui a à l’inverse accordé les prix les plus prestigieux : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur montage... Loin d’être rancunier, Abderrahmane Sissako n’a pas manqué de souligner qu’il ne serait certainement pas sur la scène du Châtelet pour recevoir sept Césars si son film n’avait pas d’abord été projeté à Cannes.

Une dénonciation de l’intolérance et de la censure

Célébrant la tolérance face à l’obscurantisme, le film est inspiré de faits réels : le nord du Mali est bien tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, qui en ont été chassés en grande partie par l’opération militaire "Serval", lancée par la France à la demande du gouvernement de ce pays.

Tribunaux insensés, interdictions aberrantes, meurtres, viols, les djihadistes semblent tout faire pour faire disparaitre la part d’humanité qui était en eux. Ce sont ces attaques contre la tolérance religieuse et la liberté d’expression que le film dénonce, parfois violemment, parfois plus légèrement, mais toujours avec une inébranlable franchise.

Publié le 9 décembre 2014, un article du Monde accompagné d’une interview du réalisateur donnait une bonne analyse du film, des intentions d’Abderrahmane Sissako lors du tournage ainsi que des moyens artistiques utilisés

Adepte des films engagés, Abderrahmane Sissako avais déjà surprit le monde du cinéma avec son film Bamako, où l’on suit un procès fictif de la société civile africaine contre les instances financières internationales, accusées de condamner tout le continent à la misère.

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Dernière modification : 11/10/2016

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