De Kabale à Kampala, la Journée internationale des droits de femmes célébrée en Ouganda

2015 constitue une année riche en termes de commémorations d’évènements-clés en faveur de l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes :
-  40 ans se sont écoulés depuis la première célébration de la Journée internationale des droits des femmes par les Nations Unies, fêtée à présent sur tous les continents et permettant, au moins une fois par an, de mettre l’accent sur la nécessaire égalité entre hommes et femmes ;

-  20 ans après la Conférence de Pékin et son programme d’action, des progrès incontestables ont été réalisés, afin de réduire les inégalités de genre et renforcer l’autonomisation des femmes ainsi que leurs droits. A titre d’exemple, un accès plus égalitaire entre les filles et les garçons est à présent atteint pour l’éducation primaire, bien que des efforts importants restent à faire pour l’éducation secondaire et le niveau universitaire. L’accès à l’eau en Afrique subsaharienne a été considérablement amélioré – 2 milliards de personnes ont accès à l’eau potable -, néanmoins, les femmes continuent à consacrer au total sur cette partie du continent africain 16 millions d’heures par jour.

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Célébration officielle de la Journée internationale des droits des Femmes à Kabale

Le dimanche huit mars était un jour de fête à Kabale. Des milliers de personnes, ministres et militants, chefs traditionnels et simples curieux s’étaient rassemblés pour les célébrations de la journée internationale des droits des femmes, dont l’invité d’honneur était le président Museveni en personne.

Au programme : danses, défilés de femmes des UPDF et de la police, remise d’une médaille à des centaines de défenseurs, féminins pour la plupart, des droits des femmes, puis de nouveau des danses traditionnelles, quelques discours, des hymnes, des levés de couleurs, … Parmi les lauréats figuraient la première femme médecin et la première titulaire d’un doctorat en mathématiques en Ouganda comme des combattants du virus Ebola.

Tous les orateurs ont répété à la tribune que, ce que les hommes font, les femmes peuvent également le faire. La cérémonie fut également l’occasion pour le président Museveni, la première dame et le premier ministre, de lancer en Ouganda la campagne d’ONU Femmes « He for She » pour laquelle les hommes sont invités à affirmer leur engagement en faveur d’une plus grande autonomisation des femmes.
Durant son discours tant attendu, le Président Museveni a rappelé que le NRM, dès la libération en 1986, avait lancé un programme afin de défendre les droits des femmes. Ce programme s’était appuyé sur cinq axes : donner une place politique plus importante aux femmes, l’éducation primaire universelle, la lutte contre la mortalité maternelle, l’effort de généralisation de l’accès à l’eau, et la participation des femmes à la création de richesse. A présent, comme annoncé par Museveni, uUn Fond Spécial pour les Femmes doit voir le jour afin de mobiliser les ressources nécessairessera créé afin de continuer dans cette voie.

Quelle place accorder aux questions de genre dans la lutte contre le changement climatique ?

Dans le prolongement du partenariat mis en place en 2014 entre l’Ambassade de France en Ouganda, ONUFemmes et l’Alliance française de Kampala, une table-ronde a été organisée avec l’appui de la « School of Gender and Women Studies » le lundi 9 mars.

« Genre et changement climatique » : S.E Mme Sophie Makame, Ambassadeur de France, et Mme Hodan Addou, représentante d’ONUFemmes en Ouganda, ont rappelé que les dérèglements climatiques n’impactaient pas les hommes et les femmes de la même façon. Plus de 90% des femmes en Afrique subsaharienne travaillent dans l’agriculture et sont donc dépendantes des ressources naturelles. Les effets du changement climatiques se font directement sentir sur les conditions de vie de ces femmes et de leur famille. Mme Addou a souligné que malgré cette vulnérabilité accrue, les femmes font elles-mêmes partie des solutions au changement climatique ; leurs connaissances pratiques les amènent très souvent à trouver des pratiques innovantes en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Mme Makame a insisté sur le fait que ces pratiques soient pleinement valorisées dans le cadre de « l’Agenda des Solutions » de la COP 21 et que les contributions nationales appelées à être compilées en vue de l’accord universel intègrent bien la dimension du genre.

Face à une salle de plus de deux cents étudiants, l’Ambassadeur de France a conclu son intervention en citant le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, pour qui « le monde n’atteindra pas 100% de ses objectifs si 50% de la population ne peut pas développer pleinement tout son potentiel. » A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes et en cette année de COP 21, il était essentiel de mettre l’accent sur l’importance d’intégrer les questions de genre dans les réflexions menées autour de la lutte contre le dérèglement climatique.

Dernière modification : 11/10/2016

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