
Le bâtiment de l’association ACTV (African Centre for Treatment and Rehabilitation of Torture Victims) a été inauguré le 9 août par la Première Conseillère de l’Ambassade de France en Ouganda, Mme Chantal Bès qui a été accompagnée d’une délégation du SCAC. Une plaque a été dévoilée sur le mur principal du bâtiment, soulignant l’investissement de l’ambassade de France dans ce projet. Deux journalistes de la chaîne de télévision NTV ont filmé la cérémonie et interviewé la première conseillère le reportage a été diffusé le samedi 11 août.

Fondée en 1993, l’ACTV est la principale organisation en Ouganda soutenant les victimes de la torture. Elle leur fournit aussi bien une aide juridique que des soins médicaux et psychiatriques.

Malgré l’interruption des exactions sur le territoire ougandais de l’armée de résistance du Seigneur (LRA) depuis fin juin 2006, consécutivement a l’engagement de pourparlers a Juba, la demande de soins auprès de l’ ACTV n’a jamais été aussi grande, particulièrement dans le Nord, selon les dernières estimations, jusqu’a 90 % des actes de torture désormais recensés seraient le fait de soldats ou supplétifs rattaches à l’armée nationale (UPDF).

ACTV a ainsi au cours des 12 derniers mois soigné plus de 1200 victimes. Une grande partie de ces soins sont d’ordre psychiatrique, faisant d’ ACTV un pionnier dans un domaine ou les besoins énormes sont négliges par les pouvoirs publics, voire par les autres organisations humanitaires présentes dans la région.

La Première Conseillère a félicité les partenaires de l’initiative et a insisté sur l’innovation apportée dans la construction du centre, grâce à une technique mise au point par le Groupe ’’cra-terre’’ de l’université de grenoble. Les briques nécessaires à la construction sont produites par simple compression a froid, évitant ainsi le déboisement qu’exige la traditionnelle production en four. Le poste continue ainsi ses efforts de promotion de cette technique auprès des projets finances par le FSD, après avoir pu prouver son efficacité dans plusieurs projets FSD réalisés a Bushenyi, Kamwenge et Lira.

L’agence onusienne habitat vient au demeurant d’annoncer un projet de grande ampleur prévoyant la construction de plusieurs milliers de logements dans le nord avec cette même technique.

La cérémonie d’inauguration a été rythmée par les interventions du personnel médical et administratif de l’association ACTV : la Présidente du conseil d’administration Mme Ruth Bonabaana, le charge d’affaires M. Gilbert Musinguzi, la psychiatre Dr Margaret Mungherera, et le Dr Moses Musaazi. Malgré la présence inattendue du Vice-président Ougandais a Gulu, de nombreuses personnalités ont pris part la cérémonie : les représentants des cinq échelons de gouvernement local, le député de Gulu Oceng David Alex Penytoo.

La présence des directeurs de la prison et de la police de Gulu a été remarquée, de même que celle du porte-parole du commandement de la 4ème division militaire basée a Gulu. La volonté de collaboration de ces différentes autorités a ainsi été manifestée et le symbole était important pour ACTV.

L’Ambassade de France en Ouganda a décide en juin 2006 de financer, sur le fonds social de développement, la construction d’un centre de traitement et de réhabilitation dans la ville de Gulu, afin de faciliter le travail des personnels de l’association qui jusque-la n’avaient pas de base fixe dans la région et devaient effectuer des allers-retours réguliers depuis Kampala.

L’ambassade renforce ainsi son soutien aux régions du nord de l’Ouganda, marquées par 20 années de conflit qui ont engendré de nombreux cas de torture, perpètres par la LRA mais aussi, comme cela semble être la majorité des cas récemment recensés, par des membres, réguliers et supplétifs, de l’armée ougandaise.

