A l’occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, l’Ambassade de France à Kampala a organisé, le 18 octobre, un déjeuner débat avec la participation des acteurs locaux mobilisés sur la question ainsi que des chefs de missions européennes présents à Kampala.

Dans son intervention, l’ambassadrice de France en Ouganda, Mme Aline Kuster-Ménager, a rappelé en préambule la position et les actions de la France et de l’Union européenne en matière de lutte contre la peine de mort.
Elle a mentionné le vote prochain à l’assemblée générale des Nations unies d’une résolution en faveur d’un moratoire sur la peine de mort. Elle a noté les progrès faits en Afrique dans ce sens, avec l’adoption d’une résolution de la Commission des droits de l’homme de l’Union africaine en faveur d’un moratoire. Elle a également souligné que trois pays africains, dont le Rwanda, le Burundi et le Togo avaient aboli la peine de mort depuis 2008, beaucoup d’autres observant un moratoire.

L’invitée d’honneur, lors du déjeuner qui a eu lieu à la résidence de France, Mme Margaret Sekaggya, ancienne présidente de la commission ougandaise des droits de l’Homme et actuellement Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des Défenseurs des Droits de l’Homme, a préconisé une sensibilisation de la population tout comme les responsables politiques.
Les membres de la société civile locale, aussi bien que les représentants d’institutions étatiques, ont relevé que la population ougandaise était majoritairement opposée à la mesure prise par la justice ougandaise en 2009. Ainsi, la cour suprême, saisie par la société civile ougandaise, avec le concours de l’UE, avait décidé que la peine de mort n’était pas obligatoire. Aussi la même cour a décidé que toute peine de mort non exécuté au bout de trois ans serait commuée en l’emprisonnement à vie (20 ans). Depuis, plusieurs détenus ont été libérés.
