Le long chemin vers la réconciliation

Le 22 janvier 1963 était signé le Traité de l’Elysée visant à sceller l’amitié entre la France et l’Allemagne. Très vite après la seconde guerre mondiale, les deux pays ont réalisé combien il était important de dépasser les clivages qui les ont opposés pendant près d’un siècle.

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Fort de cette expérience considérée comme l’exemple le plus réussi de réconciliation entre Etats, les ambassades de France et d’Allemagne en Ouganda ont organisé une cérémonie commémorative à la Résidence de France le dimanche 22 janvier pour témoigner auprès du peuple ougandais du succès de ce projet politique.

A cette occasion, l’ambassadrice de France en Ouganda, Madame Stéphanie Rivoal, et l’ambassadeur d’Allemagne en Ouganda, Dr. Peter Blomeyer, ont mis à l’honneur dix ONG œuvrant en faveur de la réconciliation dans le nord de l’Ouganda, une région affectée par une guerre de plus de 20 ans entre le gouvernement et la LRA.

La France et l’Allemagne se sont unies pour décerner le prix de la paix et de la réconciliation à Victor Ochen.
Créateur et président de l’ONG African Youth Initiative Network , Victor et son équipe aident des milliers de victimes de la guerre civile ougandaise à recevoir un traitement médical et à surmonter les traumatismes engendrés par les conflits. Son travail avait également été reconnu et récompensé par l’ONU. Il est d’ailleurs le premier ougandais à avoir fait partie des nominés pour le Prix Nobel de la Paix (2015).

La France et l’Allemagne ont, à leur niveau, tenté de contribuer activement à la réconciliation et à la prise de conscience internationale de la situation dans le Nord de l’Ouganda en aidant Jonathan Littell à produire un documentaire appelé « Wrong Elements », présenté hors compétition au festival de Cannes 2016, qui revient sur la vie d’anciens enfants-soldats enrôlés par la LRA durant la guerre grâce à des témoignages bouleversants. Un de ces enfants, Geoffrey Otema, membre de l’ONG "Drop in the Bucket", était l’un des invités de cette célébration. Lorsqu’on lui demande ce que représente à ses yeux ce documentaire, voici sa réponse : "Ce film représente ce que j’ai été, les étapes par lesquelles je suis passé en tant qu’enfant-soldat ". A travers son ONG, avec Stacey Travis et Simon Lamex, il tente de favoriser l’éducation des enfants nés en captivité à la suite du rapt des femmes par l’Armée de Résistance du Seigneur dans le nord du pays, en sponsorisant un programme éducatif adapté.

Cette ONG internationale opère en Afrique de l’Est depuis 2006, travaillant directement avec les écoles et communautés marginalisées dans les régions les plus reculées.
Elle considère que l’éducation est l’élément clé qui permettra de mettre fin à la pauvreté, et sa mission est de mettre en œuvre des projets éducatifs visant à encourager les enfants à rester à l’école afin de développer pleinement leur potentiel. « Drop in the bucket » apporte également son soutien aux écoles en y construisant notamment des infrastructures sanitaires et en formant les membres des communautés aux bonnes pratiques en matière d’hygiène. Beaucoup de choses ont jusqu’à maintenant été réalisées, et un nouveau projet d’ « école transportée » est en développement, projet pour lequel l’ONG est toujours à l’étape de levée de fonds.

Dernière modification : 08/02/2017

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