Portrait de Milburga Atcero : l’éducation est son combat

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l’Ambassade de France en Ouganda souhaite mettre à l’honneur le parcours de femmes influentes, dont le parcours peut inspirer. Rencontre avec Milburga Atcero, présidente engagée et dynamique de l’Alliance française de Kampala.

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Si la lutte pour l’éducation et l’émancipation des femmes devait porter un nom, nul doute qu’elle pourrait être rebaptisée Milburga Atcero. Présidente de l’Alliance française de Kampala (AFK) depuis 2012, universitaire reconnue internationalement et chantre de la francophonie, cette native d’Arua, dans le Nord-Ouest de l’Ouganda, a une saine habitude : commencer un projet dès que le précédent est terminé.
Ecolière au primaire en Ouganda, collégienne et lycéenne en République Démocratique du Congo, et enfin étudiante à Kampala, Clermont-Ferrand et Paris, le parcours de cette enseignante de français de formation semble avoir forgé son caractère de femme engagée. « En tout état de cause, dans ma carrière, je me bats pour avoir ma place. Je vais de l’avant avec beaucoup d’agressivité, dans le bon sens du terme, pour atteindre ce à quoi j’aspire et ambitionne ; et j’y arrive la plupart du temps », voilà le credo de l’intéressée.

Docteure en didactique des langues à la Sorbonne Nouvelle – Paris 3 (mention Très honorable) depuis 2013, elle appuie son engagement sur une soif de savoir jamais assouvie, un désir de création permanent et une activité débordante. Présidente d’honneur de l’Association des professeurs de français en Ouganda (APFO), après en avoir été plusieurs fois la présidente dans les années 2000, Milburga Atcero a également marqué de son empreinte le continent, en qualité de secrétaire générale de l’Association des professeurs de français d’Afrique et de l’Océan Indien (APFA-OI) depuis 2008.

Cette francophile nourrit toujours plus d’ambition pour les causes qu’elle défend et se concentre d’abord sur son prochain défi : sa candidature à la vice-présidence de la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF), dont le verdict est attendu en juillet prochain, à Liège.

Conceptrice des programmes d’enseignement du français en Ouganda, organisatrice et animatrice de formations de formateurs en français langue étrangère, chef de département universitaire de langues, auteure de nombreuses publications, cette spécialiste du français sur objectif spécifique, habituée des colloques universitaires du monde entier, lutte aussi pour un enseignement au goût du jour. Ce n’est donc pas un hasard si sa thèse portait sur les Technologies de l’Information et de la Communication dans l’enseignement du français. Langue de Molière et TIC, même combat.

Les sources d’influence à la racine de cet engagement ? L’Ouganda n’en manque pas. La juge Julia Sebutinde fait partie de son « Panthéon personne »l. Passée par la Haute Cour, elle a été en 2011 la première femme africaine élue à la Cour Internationale de Justice (CIJ). « C’est le symbole d’une femme qui se bat pour le respect de la justice », commente Mme Atcero.

Attachée à la journée du 8 mars, qu’elle voit comme « l’occasion de mettre en avant les réalisations des femmes sur les cinq continents », au regard de son propre parcours, elle se montre confiante pour les femmes du monde, rappelant une autre de ses devises : « il ne faut jamais abandonner la lutte pour faire sa place dans la société. »

Dernière modification : 13/10/2016

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