République centrafricaine - Déclaration de M. François Hollande, président de la République

Mesdames, Messieurs, j’ai reçu, cet après-midi, l’Archevêque de Bangui, Monseigneur Nzapalainga, et le président de la communauté islamique de Centrafrique, M. l’Imam Kobine Lamaya

Le 10 décembre, nous étions déjà ensemble mais c’était à Bangui, au cours d’un déplacement très bref que j’avais effectué. C’était d’ailleurs un jour particulièrement sombre puisque deux soldats français venaient de mourir. Je me souviens de notre entretien à l’aéroport, où nous avions déjà lancé un message d’apaisement et de soutien à cette population de Centrafrique, qui souffre depuis trop longtemps.

Nous nous rencontrons aujourd’hui, nous sommes le 23 janvier, c’est le jour de l’investiture de la nouvelle présidente de Centrafrique. C’est aussi un signe d’espoir. Espoir que la réconciliation va pouvoir s’engager, que la sécurité va pouvoir être progressivement rétablie et que la population va être préservée du drame de la faim ou pire même, des exactions. C’est pour participer à cette lutte pour la dignité humaine, que la France a décidé, le 5 décembre de s’engager en Centrafrique, dans le cadre d’un mandat du Conseil de sécurité et avec les forces africaines qui pouvaient être disponibles à ce moment-là.

Je dois dire que si la France n’était pas venue en Centrafrique à cet instant-là, il y aurait eu encore des centaines, pour ne pas dire des milliers de Centrafricains qui auraient été tués, et combien de femmes qui auraient été violées, d’enfants entrainés dans des confrontations.

Pour autant, il y a encore beaucoup à faire, car il ne se passe pas un jour sans qu’on découvre, à cause des armes qui circulent, qu’il y a des hommes et des femmes qui sont tués tout simplement parce qu’ils sont ou chrétiens ou musulmans, parce qu’ils sont supposés avoir une préférence pour un camp ou pour un autre.

C’est la raison pour laquelle les autorités religieuses ont souhaité non seulement lancer un appel, et il a été prononcé à plusieurs reprises, mais faire une tournée en Europe pour convaincre des pays qui, jusqu’à présent, ne connaissaient pas l’exactitude et la gravité de la situation en Centrafrique, de se mobiliser. C’est aussi, je veux les en remercier, grâce à ces autorités que l’Europe a pu prendre cette décision si importante, non seulement d’envoyer des soldats pour participer à la sécurité d’un certain nombre de lieu, mais d’engager une aide humanitaire qui représente 365 millions d’euros.

L’enjeu, aujourd’hui, est double. Il convient de faire monter encore la présence des forces africaines à côté de l’opération Sangaris : 1.600 hommes pour la France, 5.000 déjà pour les Africains. Il faut encore que les contingents de la Misca puissent être davantage dotés, faire venir l’aide européenne et à terme transformer cette opération en ce qu’on appelle une force de maintien de la paix.

Voilà l’objectif. Pour cela, il faudra le concours de tous. Je l’ai dit, des Africains eux-mêmes, qui doivent assurer la sécurité de la Centrafrique, de la France qui y est prête, puisqu’elle est déjà là et qu’elle a été première. C’est son honneur, sa fierté mais en même temps sa responsabilité de continuer l’opération engagée qui connait des résultats, et celle des Centrafricains eux-mêmes, à travers la reconstitution d’un Etat, d’une autorité. C’est maintenant ce qui attend la présidente de la Centrafrique et le gouvernement qu’elle constituera.

Enfin, il y a les autorités spirituelles, celles qui peuvent appeler à l’harmonie, à la réconciliation, à la compréhension. Autorités qui peuvent aussi participer à la bonne exécution de l’aide humanitaire, nous en avons parlé, pour les écoles, pour les hôpitaux et pour nous ces autorités religieuses sont à la fois, un symbole et un soutien exceptionnel. C’est la raison pour laquelle je tenais personnellement à recevoir l’Archevêque et l’Imam de Bangui.

Mesdames et Messieurs, je veux, une nouvelle fois, me tournant vers les autorités religieuses de Centrafrique, vous dire qu’il était bon que l’Imam dise que les protestants sont par leur esprit également ici à Paris, leur confirmer tout le soutien de la France et leur dire toute notre confiance dans ce qui peut être fait pour la réconciliation en Centrafrique.

Pour celles et ceux qui ne savaient pas pourquoi nous étions en Centrafrique, je pense qu’ils en ont maintenant les raisons. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Dernière modification : 07/10/2016

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